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Majik Water : une solution au problème d’accès à l’eau potable en Afrique
Majik Water : une solution au problème d’accès à l’eau potable en Afrique
Majik Water : une solution au problème d’accès à l’eau potable en Afrique

Majik Water : une solution au problème d’accès à l’eau potable en Afrique

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Âgée de 27 ans, la jeune Kényane Beth Koigi a déjà remporté plusieurs prix, dont le MIT Water Innovation, l’EDF Pulse, l’AWIEF ou encore l’Oxford Innovation Fair. Et ceci grâce au développement d’un dispositif, le Majik Water, qui ambitionne révolutionner l’accès à l’eau potable en Afrique. Il s’agit de générateurs, alimentés par l’énergie solaire, qui sont en mesure de transformer l’humidité de l’air en eau potable. On vous en dit plus dans la suite de cet article.

Une production de 10 litres d’eau potable par jour grâce au Majik Water

Les débuts de Majik Water remontent à 2012 quand Beth Koigi était encore étudiante en première année de gestion de projet à l’Université de Chuka, à l’Est du Kenya. Elle constate que l’eau qui sortait du robinet était sale et contaminée par des bactéries. Après quelques mois d’études et d’expérimentations, elle arrive à mettre en place un premier filtre qui sera ensuite amélioré avant d’être commercialisé. Interrogée par France 24, elle déclare à ce propos :

Ce qui sortait des robinets était marron, on ne pouvait même pas laver son linge avec.

D’après elle, l’eau, directement pompée à la rivière, n’était pas filtrée ; ce qui entraînait de nombreuses infections. En 2017, le nombre de filtres vendus par la jeune entrepreneure est estimé à plus de 5 000. Pour y arriver, elle s’inspire d’outils disponibles dans son environnement. En effet, pour irriguer sa ferme, son père a mis en place une technologie ingénieuse d’approvisionnement en eau. De plus, un de ses frères dirige une entreprise de fabrication de gouttières et un autre est construit des barrages.

Elle décide ensuite de faire encore plus et pense à un concept de production d’eau atmosphérique. Dans le cadre de sa participation au programme Global Solutions de l’université Singularity de la Silicon Valley, elle rencontre Clare Sewell et Anastasia Kaschenko à qui elle parle de son concept. Celles-ci croient en l’idée et décident alors de s’associer à la jeune Kényane pour fonder la société Majik Water.

Team Majik Water
De gauche à droite : Anastasia Kaschenko (CTO), Beth Koigi (CEO), Clare Sewell (COO)

Installée dans le centre d’innovation climatique de Nairobi, l’entreprise a mis au point un prototype qui promet de fournir 10 litres d’eau potable par jour. Soulignons que cela équivaut à un coût moyen en dessous de 0,01 dollar le litre. L’équipement, fonctionnant à l’énergie solaire, est un système de matériaux hydrophiles qui ont l’apparence des éponges. Ceux-ci, associés à des déshydratants comme le gel de silice, sont capables de récupérer les molécules d’eau qui se trouvent dans l’air. L’énergie fournie par les panneaux solaires se charge alors de chauffer le gel pour libérer de la vapeur d’eau qui sera alors condensée et filtrée grâce à du charbon actif. Ledit prototype a été testé en Californie, dans un centre de la NASA, avec des résultats satisfaisants. Selon Beth Koigi :

Il y a six fois plus d’eau dans l’air que dans toutes les rivières de la planète. À chaque degré supplémentaire de température, l’eau commence à s’évaporer au sol, mais augmente d’environ 4 % dans l’atmosphère. Or c’est de l’eau qui n’est pas exploitée.

Suite aux premiers essais, les trois co-fondatrices cherchent désormais à améliorer leur technologie de telle sorte à ce qu’elle puisse fournir 100 litres d’eau potable par jour ; et ceci pour un coût de moins de 10 centimes pour 10 litres.

Rappelons pour finir qu’il s’agit d’une innovation qui se veut, avant tout, sociale. En effet, Beth Koigi a eu à préciser que la solution a été pensée beaucoup plus pour les populations qui vivent dans les zones reculées et qui éprouvent des difficultés à accéder à de l’eau potable.

Le problème d’accès à l’eau potable

problème d'accès à l'eau potable en Afrique

L’accès à l’eau potable reste l’un des plus grands défis de la planète et l’enjeu d’une part assez importante de l’aide internationale. Dans le dernier Rapport mondial des Nations Unies relatif à la mise en œuvre des ressources en eau, on peut lire que plus de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable dans le monde. Ceci est à l’origine de la mort de centaines de milliers d’enfants qui n’ont d’autre choix que de consommer de l’eau souillée. Une situation, il faut souligner, qui pourrait s’aggraver, malgré de nombreux efforts.

Dans ce contexte, des initiatives comme Majik Water sont à encourager, d’autant plus que cela s’inscrit dans les objectifs du développement durable tout en générant des avantages sociaux, économiques et environnementaux. À ce propos, soulignons que l’ONU estime qu’il serait rentable d’investir dans des infrastructures sanitaires et liées à l’eau. Le retour sur investissement est élevé avec un effet multiplicateur, surtout pour les plus vulnérables, estimé à 2 pour l’eau potable et 5,5 pour ce qui est de l’assainissement.

Écrit par
La rédaction
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